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Tilelli (Liberté)

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Je n'ai peur de rien. Ni même de personne. De la peur même naît le courage d'être. J'ai parcouru bien des forêts épineuses, bien des déserts arides, où seule la folie, morne, poussait ma raison d'être vers un ciel âpre, sous lequel tout semblait insensé. Insensé, et complètement absurde, malgré mes véhémences. J'ai été battu à coups de couteau, dans la foule, pour avoir défendu des idéologies, des oppositions théoriques, auxquelles sont associées les libertés fondamentales. J'ai été arrêté pour m'être saoulé en public, songeant sobrement à ma dignité violée, cette lésion qu'il me fallait panser par quelques chopes de Mahia. J'ai été détenu pour possession de stupéfiants, alors que je n'avais pas de quoi fumer un gramme de haschich, au marché noir. Il fallait, pour défendre ses opinions, se heurter à une montagne noire, puis se laisser tomber dans une petite cavité, profonde. Profonde, au milieu des décombres. Ce soir là, j'ai compris ...

مدرستي

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Je suis né dans une grande maison en ruines, aux fenêtres brisées d'où soufflait un incessant courant d'air, balayant les grains de poussière au loin. Très loin. Pauvre, j'injuriais ma providence d'une voix dense. Et que ma détresse, où la mort planant comme un bosquet de lilas, fera s'épanouir les écumes de buddleias, jusqu'aux sanctuaires de Delphes. Tandis que le ciel bordait l'horizon de mes printemps, sous la fraicheur des herbes foulées, il me semblait que j'étais l'homme ridicule de Dostoïevski. Oui, je rêvais grand. Très grand. D'une intelligence enjouée, je voulais réparer les démarreurs du tracteur de mon père, et en déduire un mécanisme ingénieux capable de construire une machine à grains, afin de produire des céréales, et de la farine autant que je le voulais. Enfin, je devais, disait-on, aller à l'école, y trouver les réponses manquantes à mes questions. La physique, en particulier, le comportement mécanique des machine...

Les voyageurs de la mort

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Il me semble avoir vécu plusieurs vie en une seule. De père en fils, notre misère se prolongeait, nous entrainant malgré nous au delà de nos vaillances, dans ces fatalités de rôles qu'on ne choisit que sous la contrainte d'une vie égarée. Ma mère ne parvenant à gagner de l'argent, qu'en se dévêtant entièrement devant des hommes, comprit que cette nudité interdite, me vexerait. Alors, ayant deviné que son corps, tantôt nu, tantôt allongé sous celui de ses amants d'une heure, nourrissait mes réflexions les plus criminelles; m'envoya vivre chez mon père à Casablanca. " Il me faudra vendre mes reins. Va-en maintenant, va me chercher de l'argent" s'écriait mon père, le cœur tatoué de rancœur,  voulant me punir de ce qu'il n'avait pas eu, une bouteille à moitié pleine. Lorsqu'il absorbait un peu trop vite son breuvage, rouge, il gravissait ainsi, par une perte de raison, l'exaltation d'une vie, sans doute meilleure. A la l...

Dubaï

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Voilà presque une semaine que je suis rentrée. Mon escapade à Dubaï, qui dans tout autre moment m'aurait complètement enchantée, ne fut pour moi qu'un théâtre ébréché, animé par une mauvaise ivresse. L'ivresse de tous ces arabes, effleurant mes lèvres pâlies d'un air dissolu , et palpant grossièrement ma poitrine ; nourrissait mes acrimonies sous une poussée de rancune rouge. Une amertume acerbe, peu à peu cuisante, étreignait délicatement les valves de mon cœur. Et, dans le frisson qui m'envahissait, je me remémorais les récits du Sheikh H, du temps qu'il n'y avait pas de pétrole et que des fillettes de treize ans transportaient des perles jusqu' à Ras El Khimah, le long des dunes côtières, si bien que, lorsque l'une d'elles s'affaiblissait, ou qu'une tempête de sable s'abattait sur la péninsule arabique, l'économie croulait sous des charges au point que, sans l'aide étrangère, l'émirat se trouvait définitiv...